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Арт-процесс :: Публикации

"Великий московский художественный путч"
16 июня 2004

13 июня французская "Монд" поместила на своих страницах три больших материала об актуальном российском искусстве, довольно хаотично, но красочно рассказывающих о "новых русских меценатах", тяжелых, но не лишенных перспективы буднях галериста в Москве, об отсутствии инициативы со стороны музеев, но избытке таковой со стороны художников, – в общем, цитируем "Монд", о "жизни в розовом свете на Красной площади". // полностью...









Des antiquités à l'avant-garde, les milliardaires réinventent le marché

Harry Bellet
Le Monde

13.06.2004

"Il y a quarante mille billionnaires à Moscou!", rugit le marchand suisse Jan Krugier, devant le Portrait d'Olga Khokhlova peint par Picasso en 1917 et annoncé à 50 millions de dollars aux amateurs de la première foire des antiquaires de Moscou.

Billionnaires? Un anglicisme? Interrogée sur la probabilité que quarante mille millionnaires (en dollars) hantent les bords de la Moscova, la Française Brigitte Saby, pionnière de la décoration d'intérieur en Russie, fait la moue, hésite un instant: "Ce n'est pas impossible... La première datcha que j'ai réalisée ici il y a huit ans faisait 1 000 m2. Aujourd'hui, il y a plusieurs projets entre 4 000 et 5 000 m2."

Une chose est sûre: Moscou est la capitale au monde qui compte le plus grand nombre de milliardaires en dollars, selon le magazine Forbes: ils sont 33, avec une moyenne d'âge de 47 ans, et leur fortune totale est évaluée à plus de 20 % du PIB (Le Monde du 24 mai 2004). En réalité, leur nombre est impossible à évaluer, la dissimulation fiscale étant une pratique largement répandue. Un architecte les estime entre 1 500 et 2 000. De fait, les voitures de luxe pullulent dans les quartiers du centre. On critique beaucoup ces "nouveaux Russes" au goût parfois approximatif. Ils ont changé. L'architecte nuance: "Mon client s'intéresse uniquement à la salle d'armes où il accrochera ses trophées de chasse. Son épouse par contre me cite de mémoire des poèmes entiers pendant les réunions de chantier."

Les nouveaux Russes voyagent. Dmitry Kovalenko est le jeune vice-président d'un club de collectionneurs d'art contemporain. Il visite régulièrement les foires du monde entier, de l'Armory Show de New York à la londonienne Frieze, et bien sûr la Foire de Bâle. Pourtant, il défend les artistes russes, dont il tente de réunir un ensemble exhaustif à partir des années 1990.

Cela a débuté en 1993, avec l'ouverture de la galerie XL, qu'il aide en produisant les catalogues: "J'avais des artistes dans ma famille, mais ils faisaient une peinture classique. L'art contemporain me paraissait étrange. Je me suis laissé guider, puis mon œil s'est fait. C'est plus qu'un hobby agréable: je sens l'apparition d'une dépendance. Puis nous avons créé ce club de collectionneurs. De quatre personnes au début, nous sommes aujourd'hui près de 300 entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Nous voulons monter des expositions, acquérir une visibilité, pour augmenter la capitalisation de nos propres collections. Populariser l'art contemporain dans l'espoir que cela prenne de la valeur."

"Pas d'achat par les musées"

Le Français Pierre-Christian Brochet, installé à Moscou où il édite la version russe des guides du Petit-Futé, est un des premiers acheteurs de l'art russe contemporain, des œuvres d'amis de sa femme, une artiste, acquises à bas prix: "Il n'y avait pas de marché, pas de clients. J'ai défendu ces artistes. Si nous n'avions pas monté ce club de collectionneurs, ces œuvres ne trouveraient aucune légitimité. Car il n'y a pas d'achat par les musées. C'est à nous de faire ce travail."

Ils sont venus à Paris lors de la dernière FIAC et ont invité leurs homologues français de l'Adiaf à leur rendre visite. Ces derniers ont débarqué à la Foire d'art contemporain de Moscou avec leurs poulains, Thomas Hirschhorn, Dominique Gonzalez-Foerster et Mathieu Mercier, lauréats du prix Marcel-Duchamp. Selon le collectionneur David Brolliet, une Russe a acquis une œuvre de Mercier. Mercier qui décidément a marqué les Moscovites: une autre de ses œuvres faisait la couverture de la revue Art Kronika, avec la mention "Moscou livrée au Français". C'est une citation de Pouchkine, qui évoquait la bataille de Borodino, une victoire des troupes de Napoléon.

Autre victoire, celle de la trentaine d'antiquaires, parmi les meilleurs du monde, venus du 31 mai au 7 juin au Musée Dolgorukov exhiber leurs trésors, dans la première édition d'un Salon organisé par le transporteur suisse Yves Bouvier et conçu par le décorateur Patrick Hourcade. Des antiquités, de l'argenterie, des céramiques, du mobilier, des tableaux classiques et modernes, pour une estimation globale de 330 millions de dollars.

Mais le résultat époustoufle les Russes. L'une d'elles le dit crûment: "J'en suis restée sur le cul! Ici on n'avait jamais vu ça. C'est une destruction totale du marché local des antiquités: les marchands russes vont devoir se mettre au niveau." C'est dans ce Salon que Jan Krugier attend de pied ferme ses quarante mille billionnaires.

Alors, tout est rose sur la place Rouge? Sans doute, à moins d'écouter la directrice de la Biennale de photographie de Moscou, Olga Sviblova, citant Lénine: "Les gens dangereux sont ceux qui n'ont rien à perdre." Quarante mille, c'est aussi le nombre, estimé par le bimensuel francophone Le Courrier de Russie, des enfants sans abri qui, à Moscou, vivent dans la rue.

De la difficulté d'être galeriste

Elena Selina dirige XL, l'une des plus anciennes galeries de Moscou, ouverte en 1993. D'abord associative, underground et, à l'époque, un des rares endroits de la capitale où voir de l'art contemporain, elle est désormais présente dans les grandes foires internationales, comme la prochaine édition de Frieze à Londres. Elle a vu depuis trois ans grandir l'intérêt des collectionneurs privés, dont elle avait su jusque-là se passer, et qu'elle traite avec des arguments de choc. La première rencontre avec un de ses meilleurs clients a débuté, selon ses propres termes, par une engueulade: "Il m'a demandé: "Comment pouvez vous vendre cette merde à ce prix-là?" Je lui ai répondu qu'il pouvait poser la même question au vendeur de son 4 × 4. Il est parti furieux, mais, quinze jours après, il est revenu, avec sa Jeep, et a commencé à acheter, avec un goût très sûr et du flair. Les nouveaux Russes ne sont pas des imbéciles: pour s'enrichir légalement à Moscou, il faut être très intelligent."






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